Le glucose est le principal carburant de nos cellules. Après un repas, il passe dans le sang ; l'insuline, une hormone fabriquée par le pancréas, permet aux cellules de l'utiliser et maintient la glycémie dans des limites étroites. Quand ce système se dérègle, le sucre s'accumule dans le sang : c'est le diabète.

En France, plusieurs millions de personnes sont traitées pour un diabète, et une partie des diabétiques ignorent qu'ils le sont. La glycémie est l'analyse qui permet de le dépister.

Les valeurs de référence

La glycémie se mesure en g/L ou en mmol/L. Les seuils de diagnostic, fixés au niveau international et repris en France, s'appliquent à la glycémie à jeun, mesurée en laboratoire sur une prise de sang veineuse.

Glycémie à jeunInterprétation
De 0,70 à 1,10 g/L (3,9 à 6,1 mmol/L)Valeurs habituelles chez une personne non diabétique
De 1,10 à 1,25 g/L (6,1 à 6,9 mmol/L)Hyperglycémie modérée à jeun (prédiabète)
1,26 g/L ou plus (7 mmol/L), à deux reprisesDiabète

Le diagnostic de diabète peut aussi être posé devant une glycémie égale ou supérieure à 2 g/L (11,1 mmol/L) à n'importe quel moment de la journée, associée à des symptômes.

Pourquoi le jeûne est indispensable

Après un repas, la glycémie monte naturellement, puis redescend en quelques heures. Pour interpréter correctement le résultat, il faut donc être à jeun depuis 8 heures au moins, en ne buvant que de l'eau. Voir notre article sur la prise de sang.

L'hémoglobine glyquée (HbA1c)

L'hémoglobine glyquée est la part de l'hémoglobine des globules rouges qui a fixé du glucose. Comme les globules rouges vivent environ trois mois, elle reflète la moyenne des glycémies des deux à trois derniers mois.

  • Elle ne nécessite pas d'être à jeun.
  • Elle est surtout utilisée pour le suivi des personnes diabétiques : elle permet de vérifier que le traitement est efficace.
  • L'objectif est fixé par le médecin selon l'âge, l'ancienneté du diabète et les autres maladies.

Certaines situations faussent ce dosage (anémie, certaines variantes de l'hémoglobine, insuffisance rénale) : le médecin en tient compte.

Le prédiabète : un signal à prendre au sérieux

L'hyperglycémie modérée à jeun (entre 1,10 et 1,25 g/L) n'est pas encore un diabète, mais elle signale un risque nettement augmenté d'en développer un dans les années suivantes, ainsi qu'un risque cardiovasculaire accru.

C'est aussi une opportunité : à ce stade, les changements d'hygiène de vie sont particulièrement efficaces. Des études ont montré qu'une perte de poids modérée et une activité physique régulière réduisent fortement le risque d'évoluer vers le diabète de type 2.

Un contrôle régulier de la glycémie est alors recommandé, selon le rythme fixé par le médecin, souvent avec un bilan du cholestérol et de la tension.

Personne qui mesure sa glycémie au bout du doigt

Les différents types de diabète

Le diabète de type 2

C'est la forme la plus fréquente, de loin. Il apparaît le plus souvent après 40 ans, favorisé par le surpoids, la sédentarité, l'hérédité et l'âge. L'organisme devient moins sensible à l'insuline, et le pancréas finit par ne plus en produire assez. Il évolue silencieusement pendant des années.

Le diabète de type 1

Il est lié à la destruction des cellules du pancréas qui produisent l'insuline, par le système immunitaire. Il survient le plus souvent chez l'enfant, l'adolescent ou le jeune adulte, souvent de façon rapide, et nécessite un traitement par insuline dès le diagnostic.

Le diabète gestationnel

Il apparaît pendant la grossesse et disparaît généralement après l'accouchement. Il est dépisté chez les femmes enceintes à risque. Il augmente le risque de diabète de type 2 plus tard, d'où l'intérêt d'un suivi.

Les signes qui doivent alerter

Le diabète de type 2 est souvent silencieux. Certains signes doivent toutefois amener à consulter :

  • une soif intense et un besoin d'uriner fréquemment, y compris la nuit ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • un amaigrissement inexpliqué ;
  • des infections à répétition (urinaires, cutanées, mycoses) ;
  • une vision trouble ;
  • des plaies qui cicatrisent mal.

Une soif intense, des urines abondantes et un amaigrissement rapide, surtout chez un enfant ou un jeune adulte, doivent faire consulter rapidement.

Qui doit se faire dépister ?

Le dépistage du diabète de type 2 est recommandé chez les personnes présentant des facteurs de risque, notamment :

  • âge supérieur à 45 ans environ ;
  • surpoids ou obésité, en particulier abdominale ;
  • sédentarité ;
  • antécédents familiaux de diabète ;
  • hypertension artérielle, anomalies du cholestérol ou des triglycérides ;
  • antécédent de diabète gestationnel ou de naissance d'un enfant de poids élevé ;
  • antécédent d'hyperglycémie modérée.

Parlez-en à votre médecin, qui fixera la fréquence des contrôles. Notre check-list des dépistages peut vous aider à préparer ce rendez-vous.

Garder une glycémie dans les normes

Que l'on cherche à prévenir le diabète ou à mieux contrôler un prédiabète, les mesures sont les mêmes.

Bouger plus

L'activité physique fait entrer le glucose dans les muscles et améliore la sensibilité à l'insuline. Visez au moins 150 minutes d'activité d'intensité modérée par semaine, comme la marche rapide, et limitez le temps assis. Même une courte marche après le repas aide à limiter la hausse de la glycémie. Voir nos conseils pour reprendre le sport.

Mieux manger

  • Privilégier les féculents complets et les légumineuses, riches en fibres, qui ralentissent le passage du sucre dans le sang.
  • Limiter les boissons sucrées, jus de fruits compris, et les produits sucrés.
  • Manger des légumes à chaque repas.
  • Répartir les repas régulièrement dans la journée.
  • Limiter l'alcool.

Ces repères correspondent à ceux d'une alimentation équilibrée.

Perdre du poids si nécessaire

Chez les personnes en surpoids, une perte de poids même modérée améliore nettement la glycémie.

Dormir suffisamment

Le manque de sommeil chronique est associé à un risque accru de troubles de la glycémie. Voir notre article sur l'insomnie.

Repas équilibré avec légumes, céréales complètes et poulet

Vivre avec un diabète

Si le diagnostic est posé, le diabète se soigne et se suit. Le traitement associe l'hygiène de vie, des médicaments si nécessaire, et un suivi régulier pour prévenir les complications (yeux, reins, nerfs, pieds, cœur) : hémoglobine glyquée, examen du fond d'œil, bilan rénal, examen des pieds. Le diabète peut être reconnu en affection de longue durée, avec une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie. Des programmes d'accompagnement et d'éducation thérapeutique aident à mieux vivre avec la maladie.

L'hypoglycémie chez les personnes traitées

Chez les personnes diabétiques traitées par insuline ou certains médicaments, la glycémie peut descendre trop bas : c'est l'hypoglycémie (souvent en dessous de 0,70 g/L). Elle se manifeste par des sueurs, des tremblements, une faim brutale, des troubles de la concentration. Elle se corrige en prenant rapidement du sucre (morceaux de sucre, jus de fruits), selon les consignes reçues de l'équipe soignante.

Questions fréquentes

Ma glycémie est à 1,08 g/L, est-ce inquiétant ?

Cette valeur reste dans les normes habituelles. Si vous avez des facteurs de risque, votre médecin pourra prévoir un contrôle régulier.

La glycémie varie-t-elle au cours de la journée ?

Oui. Elle monte après chaque repas, puis redescend en quelques heures. Elle peut aussi augmenter avec le stress, une infection ou certains médicaments comme les corticoïdes. C'est pourquoi les seuils de diagnostic s'appliquent à une glycémie mesurée à jeun, dans des conditions standardisées.

Peut-on mesurer sa glycémie soi-même ?

Les lecteurs de glycémie sont destinés au suivi des personnes diabétiques. Pour un dépistage, la prise de sang en laboratoire est la référence : les mesures au doigt ne servent pas à poser un diagnostic.

Le prédiabète peut-il disparaître ?

Oui, dans de nombreux cas. Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et une perte de poids modérée peuvent ramener la glycémie dans les valeurs habituelles. Le suivi reste conseillé, car le risque persiste si les habitudes changent.

Le sucre provoque-t-il le diabète ?

Le diabète de type 2 résulte de plusieurs facteurs, dont le surpoids, la sédentarité et l'hérédité. Une alimentation riche en sucres et en boissons sucrées favorise la prise de poids et augmente le risque, sans être la seule cause.

Le jeûne intermittent est-il conseillé en cas de prédiabète ?

Il peut aider certaines personnes à perdre du poids, mais n'est pas supérieur aux autres approches. Chez les diabétiques traités, il expose à des hypoglycémies et doit être discuté avec le médecin. Voir notre article sur le jeûne intermittent.

En résumé

Une glycémie à jeun habituelle se situe entre 0,70 et 1,10 g/L. Entre 1,10 et 1,25 g/L, c'est un prédiabète, à prendre au sérieux. À partir de 1,26 g/L confirmé par un second dosage, c'est un diabète. L'hémoglobine glyquée sert surtout au suivi. L'activité physique, une alimentation équilibrée et la perte de poids réduisent fortement le risque d'évoluer vers le diabète. Pour garder les seuils et suivre vos résultats, téléchargez notre mémo cholestérol et glycémie.

Sources et références

  • Assurance Maladie — diabète — www.ameli.fr
  • Haute Autorité de santé — diabète de type 2 — www.has-sante.fr
  • Santé publique France — diabète — www.santepubliquefrance.fr